Brouage Aunis et Saintonge en images - photographies Francois Poulet-Mathis
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Francois VILLON - Le Testament

Francois VILLON - Le Testament

Ou est la tres sage Hellois,
Pour qui chatre fut et puis moyne
Pierre Esbaillart a Saint Denis?
Pour son amour ot ceste essoyne.
Semblablement ou est la royne
Qui commenda que Buridan
Fust gete en ung sac en Saine?
Mais ou sont les neiges d'antan?

La royne Blanche comme lis
Qui chantait a voix de seraine,
Berte au grant pie, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu'Englois brulerent a Rouan;
Ou sont ilz, ou, Vierge souvraine?
Mais ou sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquerez de sepmaine
Ou elles sont, ne de cest an,
Qu'a ce refrain ne vous remaine:
Mais ou sont les vierges d'antan?


Villon – comme d’autres personnages du Moyen Âge : Du Guesclin, Jeanne d’Arc – passe très vite dans la légende. Certaines de ses ballades sont célèbres dès la fin du xve siècle , mais on ne sait de lui que ce que l’on peut apprendre dans son œuvre (qu’il faut se garder de lire comme une simple et sincère confidence, le poète ayant lui-même élaboré son mythe – ou plutôt ses mythes34). Il faut attendre la fin du xixe siècle pour être mieux renseigné sur la vie du poète, grâce à quelques précieux documents retrouvés dans les Archives. Il reste néanmoins encore d’importantes zones d’ombre qui donnent libre cours aux imaginations. D’où, selon les époques, les différentes images constitutives de la « légende Villon ».
1489 poesie
Alfred de VIGNY - Oeuvres poetiques

Alfred de VIGNY - Oeuvres poetiques

Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente,
Rêver sur mon épaule en y posant ton front ?
Viens du paisible seuil de la maison roulante
Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront. [...]

Nous marcherons ainsi ne laissant que notre ombre
Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;
Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre,
Où tu te plais à suivre un chernin effacé,

A rêver, appuyée aux branches incertaines,
Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines,
Ton amour taciturne et toujours menacé.

gémir,pleurer,prier est également lâche,
fais énergiquement ta longue et lourde tache
dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
puis après, comme moi,souffre et meurt sans parler
1860 poesie
Boris VIAN - l'ecume des jours

Boris VIAN - l'ecume des jours

- Je t'ai déjà dit que je t'aimais bien en gros et en détail.
- Alors, détaille, dit Chloé, en se laissant aller dans les bras de Colin, Câline comme une couleuvre.

L’Écume des jours est un roman publié en 1947.
Composée en 1946 par Boris Vian, il n’aura aucun succès de son vivant.
Les personnages évoluent dans un univers poétique et déroutant, avec pour thèmes centraux l’amour, la maladie, la mort, dans une envoûtante atmosphère de musique de jazz, de climat humide et marécageux, qui rappellent les bayous de Louisiane.

Le roman est centré sur le personnage de Colin, qui « possède une fortune suffisante pour vivre convenablement sans travailler pour les autres » ; un ami nommé Chick, qui ne dispose pas de cette chance, puisque, étant ingénieur, il est très pauvre (contrairement aux ouvriers). Le troisième personnage masculin est le cuisinier stylé de Colin, Nicolas.
Ce dernier va collectionner les aventures tout en restant aveugle face à l'amour d'Isis, une amie d'Alise et Chloé.
Un jour, Chick fait la connaissance d'une fille, Alise, qui est parente de Nicolas. Colin, jaloux, désire lui aussi connaître une fille, et tombe amoureux de Chloé lors d'une fête. Il se marie avec elle et donne une partie de son argent à Chick pour qu’il épouse Alise. Chloé tombe malade : elle a un nénuphar qui pousse dans son poumon. Pour la guérir, Colin lui achète des fleurs et l’envoie à la montagne. Quand elle revient, le nénuphar n’est plus là, mais elle ne peut utiliser maintenant qu'un seul poumon. Colin doit chercher un travail pour acheter des fleurs, quand Chloé tombe de nouveau malade, de l’autre poumon.
Leur maison rapetisse progressivement et devient chaque jour plus triste et obscure, malgré les efforts de leur petite souris grise à moustaches noires pour nettoyer les carreaux et laisser passer les rayons de soleil.
Comme Chick aime plus Jean Sol Partre qu’Alise, celle-ci tue le philosophe avec un arrache-cœur, nom qui sera le titre du roman que Boris Vian publiera ensuite, et brûle les librairies proches de chez elle, mais elle meurt dans les flammes. Pendant ce temps, la police tue Chick parce qu’il ne paye pas ses impôts.
Lorsque Chloé est emportée par la maladie, Colin est ruiné. Comme il ne peut payer le prix fort, les religieux sont irrespectueux lors de l'enterrement. La souris cherche à mourir entre les crocs d'un chat car elle ne supporte plus de voir Colin si triste. Ce dernier semble se laisser mourir de chagrin.
1947 poesie
Paul VERLAINE - Sagesse

Paul VERLAINE - Sagesse

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

0 bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie
0 le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui écœure.
Quoi ! nulle trahison ? ...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine!

Ariettes oubliées (poeme 3)

Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes. C'est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ».
Paul Marie Verlaine est né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.
1880 poesie
Paul VALERY - Charmes

Paul VALERY - Charmes

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.
Personne pure, ombre divine,
Qu’ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !
Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l’apaiser,
À l’habitant de mes pensées
La nourriture d’un baiser,
Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d’être et de n’être pas,
Car j’ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n’était que vos pas.

Paul Valéry, Charmes (1922).
1922 poesie
Tomas TRANSTROEMER - La Grande Enigme (haikus)

Tomas TRANSTROEMER - La Grande Enigme (haikus)

Sur une saillie rocheuse
on voit la fissure du mur des trolls.
Le rêve, un iceberg.

På en klippavsats
syns sprickan i trollväggen.
Drömmen ett isberg.)

Les pensées sont à l'arrêt
comme les carreaux de faïence
de la cour du palais.

Tankar står stilla
som mosaikplattorna
i palatsgården.

Dès les premiers jalons de l'oeuvre dont La Grande Énigme est l'aboutissement provisoire, les poèmes de Tomas Tranströmer ont la force d'une évidence : de la révélation d'un mystère essentiel mais simple, jusque-là inaperçu et pourtant accessible à tous - si bien que sa découverte par le poète prend aussitôt un aspect universel. Voyant, Tranströmer l'est d'abord par l'attention qu'il porte au monde qui l'entoure et dont il écoute les plus fins frémissements, avec une sensibilité aussi profonde que modeste : prête à s'effacer devant ce qu'elle capte. C'est ainsi, du reste, que sa poésie est inséparablement rêveuse et lucide ; que - comme certes tout rêveur véritable - il ne s'éloigne du réel immédiat que pour mieux détecter les frissons qui le travaillent en profondeur, y compris ceux des catastrophes en germe derrière la belle façade de notre civilisation. Rien que de naturel si sa modestie et son attention, sa singulière sensibilité liée à une écoute impartiale du monde, ont conduit le poète au haïku. Petr Kral.

Mondialement connu et traduit dans plusieurs langues, il fut victime d'une attaque cérébrale en 1990 qui lui laisse des séquelles graves. Depuis lors, il est effectivement aphasique et hémiplégique.

Mais l'écrivain n'en a pas pour autant arrêté de publier. "La Grande Enigme", un recueil de haïkus (ces fameux poèmes japonais, très courts et chers à Herman van Rompuy) est ainsi paru en 2004.

Tomas TRANSTROEMER a reçu le Prix Nobel de Litterature en 2011
2004 poesie
Jules SUPERVIELLE - Gravitations

Jules SUPERVIELLE - Gravitations

Rêve

Des mains effacent le jour
D'autres s'en prennent à la nuit.
Assis sur un banc mal équarri
J'attends mon tour.

Souffles d'une moustache,
Aciers à renifler,
L'œil noir d'une arquebuse,
Un sourire ébréché.

On entre, on sort, on entre,
La porte est grande ouverte,
Seigneurs du présent, seigneurs du futur,
Seigneurs du passé, seigneurs de l'obscur.

Quand la fenêtre s'ouvrira
Qui en vivra, qui en mourra ?
Quand le soleil reviendra
Comprendrai-je que c'est lui ?
1925 poesie
Leopold Sedhar SENGHOR - Ethiopiques

Leopold Sedhar SENGHOR - Ethiopiques

Je te nomme Soir ô Soir ambigu, feuille mobile je te nomme.
Et c’est l’heure des peurs primaires, surgies des entrailles d’ancêtres.
Arrière inanes faces de ténèbre à souffle et mufle maléfiques !
Arrière par la palme et l’eau, par le Diseur-des-choses-très-cachées !
Mais informe la Bête dans la boue féconde que nourrit tsétsés stégomyas
Crapauds et trigonocéphales, araignées à poison caïmans à poignards.

Quel choc soudain sans éclat de silex ! Quel choc et pas une étincelle de passion.
Les pieds de l’Homme lourd patinent dans la ruse, où s’enfonce sa force jusques à mi-jambes.
Les feuilles les lient des plantes mauvaises. Plane sa pensée dans la brume.
Silence de combat sans éclats de silex, au rythme du tam-tam tendu de sa poitrine
Au seul rythme du tam-tam que syncope la Grande-Rayée à sénestre.
Sorcier qui dira la victoire !

Des griffes paraphent d’éclairs son dos de nuages houleux
La tornade rase ses reins et couche les graminées de son sexe
Les kaïcédrats sont émus dans leurs racines douloureuses
Mais l’Homme enfonce son épieu de foudre dans les entrailles de lune dorées très tard.
Le front d’or dompte les nuages, où tournoient des aigles glacés,
O pensée qui lui ceint le front ! La tête du serpent est son œil cardinal.

La lutte est longue trop ! dans l’ombre, longue des trois époques, de nuit millésime.
Force de l’Homme lourd les pieds dans le potopoto fécond
Force de l’Homme les roscaux qui embarrassent son effort.
Sa chaleur la chaleur des entrailles primaires, force de l’Homme dans l’ivresse
Le vin chaud du sang de la Bête, et la mousse pétille dans son cœur
Hê ! vive la bière de mil à l’Initié !

Un long cri de comète traverse la nuit, une large clameur rythmée d’une voix juste.
Et l’Homme terrasse la Bête de la glossolalie du chant dansé.
Il la terrasse dans un vaste éclat de rire, dans une danse rutilant dansée
Sous l’arc-en-ciel des sept voyelles. Salut Soleil-levant Lion au-regard-qui-tue
Donc salut Dompteur de la brousse, Toi Mbarodi ! seigneur des forces imbéciles.

Le lac fleurit de nénuphars, aurore du rire divin.
1956 poesie
William SCHAKESPEARE - Sonnets

William SCHAKESPEARE - Sonnets

Shall I compare thee to a summer's day?
Thou art more lovely and more temperate.
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer's lease hath all too short a date.
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm'd;
And every fair from fair some time declines,
By chance, or nature's changing course, untrimm'd;
But thy eternal summer shall not fade
Nor lose possession of that fair thou owest;
Nor shall Death brag thou wand'rest in his shade,
When in eternal lines to time thou grows't:
So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.

Devrais-je te comparer à un jour d'été ?
Tu es plus tendre et bien plus tempéré.
Des vents violents secouent les chers boutons de mai,
Et le bail de l'été est trop proche du terme.
Parfois trop chaud l'oeil du ciel brille,
Souvent sa complexion dorée ternie,
Toute beauté un jour décline,
Par hasard, ou abîmée au cours changeant de la nature;
Mais ton éternel été ne se flétrira pas,
Ni perdra cette beauté que tu possèdes,
Et la Mort ne se vantera pas que tu erres parmi son ombre,
Quand en rimes éternelles à travers temps tu grandiras;
Tant que les hommes respireront et tant que les yeux verront,
Aussi longtemps que vivra ceci, cela te gardera en vie.


Les sonnets de Shakespeare, aussi appelés Les Sonnets, est le titre d'un recueil de sonnets écrits par William Shakespeare qui abordent des thèmes tels l'amour, le beau, la politique et la brièveté de la vie. Ils ont probablement été composés sur plusieurs années. Les 154 poèmes figurent dans l'édition de 1609 intitulée SHAKE-SPEARES SONNETS ; ce recueil comporte 152 sonnets inédits et deux sonnets publiés en 1599 (n° 138 et 144) dans une anthologie intitulée The Passionate Pilgrim (en).
Les conditions de la publication des Sonnets restent floues. Bien que cette œuvre fût écrite par Shakespeare, il n'est pas certain que l'éditeur, Thomas Thorpe (en) ait utilisé le manuscrit de Shakespeare avec sa permission. Par ailleurs, le recueil est dédié à un certain « Mr. W.H. », décrit par l'éditeur comme « le seul qui engendra » les poèmes (the only begetter), mais on ne sait pas qui est cet homme. La dédicace mentionne le poète comme « vivant à jamais » (ever-living), une expression qui alimente la controverse autour de la paternité des œuvres de Shakespeare, parce que cet adjectif est utilisé pour les défunts. (Shakespeare lui-même l'utilise dans ce sens dans Henry VI, part 1 (IV, iii, 51-2) : Henry V, mort, est « [t]hat ever-living man of memory ».) D'aucuns pensent que l'expression indique que le véritable auteur des Sonnets est mort en 1609, tandis que Shakespeare de Stratford vécut jusqu'en 16161. Le débat est alimenté par la présence d'un trait d'union dans le nom de Shakespeare sur la première de couverture et en haut de chaque page du recueil.
Les 17 premiers sonnets sont dédiés à un jeune homme et l'exhortent à se marier et à avoir des enfants, afin de transmettre sa beauté à la prochaine génération. Ce sont les sonnets de la procréation (en). Cependant, la majorité des sonnets (18 à 126) sont écrits à l'attention d'un jeune homme et expriment l'amour du poète pour lui. Les autres sonnets (127 à 152) sont consacrés à la maîtresse du poète et expriment son amour pour elle. Les deux sonnets finaux (153 et 154) sont allégoriques. La trentaine de sonnets finaux traitent de plusieurs problèmes, comme l'infidélité du jeune homme avec la maîtresse du poète, la volonté de contrôler son propre désir de luxure, la critique accablée du monde, etc.
1609 poesie
Pierre de RONSARD - Les Amours

Pierre de RONSARD - Les Amours

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
1552 poesie