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Samuel BECKETT - Molloy

Samuel BECKETT - Molloy

«Toutes les choses qu’on ferait volontiers, qu’il n’y a aucune raison apparemment pour ne pas faire et qu’on ne fait pas ! Ne serait-on pas libre ?»
«Réfléchir, c’est à dire à écouter plus fort.»
«Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes, avec le temps.»

[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy

Molloy, vagabond sale et handicapé, n'a pas de mémoire. Il doit sans cesse s'inventer pour vivre. Moran commence à enquêter sur lui, mais se laisse rapidement piégé en s'identifiant à lui. Il doit arrêter son enquête, c'est un ordre de Youdi, dont on ne sait rien, transmis par Gaber. Un cercle d'existences qui se ferme sur lui-même ou l'impossibilité de vivre selon Beckett...

Samuel Beckett (Foxrock, Dublin, 13 avril 1906 - Paris, 22 décembre 1989) écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression française et anglaise, est prix Nobel de littérature.
S'il est l'auteur de romans, tels que Molloy, et de textes brefs en prose, son nom reste surtout associé au théâtre de l'absurde, dont sa pièce En attendant Godot (1952) est l'une des plus célèbres illustrations. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme devant la condition humaine. Opposer ce pessimisme à l'humour omniprésent chez lui n'aurait guère de sens : il faut plutôt les voir comme étant au service l'un de l'autre, pris dans le cadre plus large d'une immense entreprise de dérision.[réf. souhaitée] Avec le temps, il traite ces thèmes dans un style de plus en plus lapidaire, tendant à rendre sa langue de plus en plus concise et sèche. En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l'homme moderne ».

citations
«On ne peut pas tout avoir, je l’ai souvent remarqué.»
[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy

«Se taire et écouter, pas un être sur cent n’en est capable, ne conçoit même ce que cela signifie.»
[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy

«Elle est si con la lune. Ca doit être son cul qu’elle nous montre toujours.»
[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy

«Toutes les choses qu’on ferait volontiers, qu’il n’y a aucune raison apparemment pour ne pas faire et qu’on ne fait pas ! Ne serait-on pas libre ?»
[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy

«Le sommeil est une sorte de protection, si paradoxal que cela puisse paraître.»
[ Samuel Beckett ] - Extrait de Molloy
1951 theatre
Samuel BECKETT - en attendant Godot

Samuel BECKETT - en attendant Godot

Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, se retrouvent sur scène, dans un non-lieu (« Route de campagne avec arbre ») à la tombée de la nuit pour attendre « Godot ». Cet homme - qui ne viendra jamais - leur a promis qu'il viendrait au rendez-vous ; sans qu'on sache précisément ce qu'il est censé leur apporter, il représente un espoir de changement. En l'attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des "distractions" pour que le temps passe.
En attendant Godot est une pièce de théâtre en deux actes, en français, écrite en 1948 par Samuel Beckett et publiée en 1952 à Paris aux Éditions de Minuit. La particularité de ce livre vient du fait que le nombre de scènes n'est ni décompté ni annoncé. La première page du manuscrit français porte la date du « 9 octobre 1948 », et la dernière celle du « 29 janvier 1949 ».
Elle s'inscrit dans le courant du théâtre de l'absurde.

1948 theatre
Gustavo Adolfo BECQUER - les Yeux verts et autres legendes

Gustavo Adolfo BECQUER - les Yeux verts et autres legendes

Dans les dix-huit contes fantastiques réunis sous le titre de Leyendas s'exprime aussi, de façon splendide, l'art de visionnaire de Bécquer. À l'observation réaliste et à l'intuition du surnaturel s'ajoutent la clarté et la grâce andalouses, une manière inimitable de conter qui va de la notation primesautière à la hantise du mystère. Los Ojos verdes (« Les Yeux verts ») raconte l'amour ébloui et mortifère d'un chevalier pour une ondine.


""Est-ce en rêve ? je ne sais ; mais je les ai vus. Je ne pourrai certes pas les décrire tels qu’ils étaient : lumineux, transparents comme les gouttes de pluie qui glissent sur les feuilles des arbres, après un orage d’été.
... je vais m’asseoir au bord de la fontaine et chercher dans ses ondes... Quoi ? je ne sais, une folie ! Le jour où je l’ai franchie, monté sur Éclair, j’ai cru, dans leurs profondeurs, voir briller une chose étrange... très étrange... les yeux d’une femme. Peut-être était-ce un fugitif rayon de soleil, qui serpentait sous l’écume. Peut-être était-ce une de ces fleurs, qui flottent au milieu des algues nées dans son sein, et dont les calices ressemblent à des émeraudes... je l’ignore ; mais j’ai cru voir un regard qui s’attacha sur moi, regard qui embrasa mon cœur du désir absurde, irréalisable, du désir de rencontrer quelqu’un avec de pareils yeux. Je suis allé à leur recherche, dans cet endroit, des jours et des jours. Un soir enfin... Je croyais être le jouet d’un songe... mais non, c’était la vérité ; car je lui ai parlé, plusieurs fois, comme je te parle en ce moment... Un soir, j’ai rencontré, assise à ma place et vêtue d’une tunique qui descendait jusqu’à l’eau et flottait à sa surface, une femme, belle au-delà de toute limite : ses cheveux semblaient d’or, ses cils brillaient comme des rayons de lumière ; sous ses cils voltigeaient, inquiètes, les prunelles que j’avais vues... oui, les yeux de cette femme étaient, en effet, les yeux qui restaient gravés dans mon esprit, des yeux d’une couleur impossible, des yeux...
– Verts ! s’écria Iñigo, avec un accent de profonde terreur, en se dressant tout à coup sur son siège.
......

Elle était belle, belle et pâle comme une statue d’albâtre. Une boucle de ses cheveux tombait sur ses épaules et glissait dans les plis de son voile, comme un rayon de soleil traversant les nuages. Entourées de cils blonds, ses prunelles brillaient pareilles à des émeraudes serties dans une monture d’or. Quand le jeune homme eut cessé de parler, elle remua les lèvres pour prononcer quelques mots ; mais il ne s’en exhala qu’un soupir, soupir faible et plaintif, comme celui de l’onde légère poussée par la brise, et qui meurt parmi les joncs.
....
– je suis un pur esprit et je descends jusqu’à un mortel ! Je ne suis pas une femme semblable à celles de la terre ; je suis une femme digne de toi, si supérieur aux autres hommes. Je vis au fond des eaux et, comme elles, fugace, incorporelle et transparente, je parle avec leurs rumeurs, j’ondule avec leurs vagues. Je ne châtie pas celui qui ose troubler la fontaine où je demeure ; loin de là, mon amour le récompense d’être un mortel inaccessible aux superstitions du vulgaire, et capable de comprendre ma tendresse étrange et mystérieuse.
Tandis qu’elle parlait ainsi, le jeune homme, absorbé dans la contemplation de sa fantastique beauté, et comme attiré par une force inconnue, avançait de plus en plus vers le bord du rocher.


La femme aux yeux verts continua ainsi :
– Vois-tu le fond limpide du lac, vois-tu ces plantes, aux feuilles vertes et larges qui s’agitent dans ses profondeurs ?... Elles nous fourniront un lit d’émeraudes et de coraux... et moi... moi je te donnerai un bonheur, un bonheur sans nom, bonheur que tu as rêvé dans tes heures de délire et que personne ne peut t’offrir... viens, les vapeurs du lac flottent sur nos fronts comme un berceau de lin... La voix incompréhensible des ondes nous appelle ; déjà le vent chante dans les peupliers ses hymnes d’amour ; viens... viens...

La nuit étendait ses ombres, la lune se reflétait à la surface du lac, un brouillard floconneux se mouvait au souffle de l’air et les yeux verts brillaient dans l’obscurité, comme les feux follets qui courent au-dessus des eaux putréfiées... Viens... viens... ces paroles bruissaient aux oreilles de Fernand comme des conjurations. Viens... et la femme mystérieuse l’appelait au bord de l’abîme, où elle restait suspendue. Elle semblait lui offrir un baiser... un baiser !...

Fernand fit un pas vers elle... puis un autre... Il sentit des bras délicats et flexibles s’unir autour de son cou, et sur ses lèvres ardentes une sensation de froid, un baiser de neige... il vacilla... perdit pied et tomba dans l’eau, avec un bruit sourd et lugubre. Les eaux jaillirent en étincelles lumineuses, et se refermèrent sur son corps, et leurs cercles d’argent allèrent en s’élargissant, en s’élargissant jusqu’à expirer sur les rives.

Gustave-Adolphe BÉCQUER, Légendes espagnoles, 1872 (extraits)
Traduit de l’espagnol par Achille Fouquier.
1872
Frédéric BEIGBEDER - Un roman français

Frédéric BEIGBEDER - Un roman français

Prix Renaudot 2009

Cela pourrait commencer ainsi : 'Je venais d'apprendre que mon frère était promu chevalier de la Légion d'honneur, quand ma garde à vue commença'. Ou ainsi : 'Je ne me souviens pas de mon enfance'. Mais en fait ce serait le même livre : celui de la mémoire et de l'enfance retrouvée dans l'été inachevé de la côte basque où les parents de Frédéric se rencontrèrent, mais aussi le passage à l'âge d'homme, la mue d'un gamin immature en adulte pacifié. Le 28 janvier 2008, Frédéric l'écrivain média-choc, le personnage public, le noceur, est interpellé pour usage de stupéfiants sur un capot de Chrysler noire, dans la rue ; il aggrave son cas en fuyant la patrouille de police ! En garde à vue, dans une cellule puante de deux mètres carrés, on a le temps de réfléchir. Qui est-on ? Qu'a-t-on pu faire entre 0 et 13 ans ? De qui suis-je né ? Pourquoi suis-je amnésique ?
(evene.fr)
2009
Joachim du BELLAY - Les Antiquités de Rome

Joachim du BELLAY - Les Antiquités de Rome

Au Roi
Ne vous pouvant donner ces ouvrages antiques
Pour votre Saint-Germain ou pour Fontainebleau,
Je vous les donne, Sire, en ce petit tableau
Peint, le mieux que j'ai pu, de couleurs poétiques :

Qui mis sous votre nom devant les yeux publiques,
Si vous le daignez voir en son jour le plus beau,
Se pourra bien vanter d'avoir hors du tombeau
Tiré des vieux Romains les poudreuses reliques.

Que vous puissent les dieux un jour donner tant d'heur,
De rebâtir en France une telle grandeur
Que je la voudrais bien peindre en votre langage :

Et peut-être qu'alors votre grand Majesté,
Repensant à mes vers, dirait qu'ils ont été
De votre monarchie un bienheureux présage.
1558
Pierre BENOIT - l'Atlantide

Pierre BENOIT - l'Atlantide

Deux officiers français, le lieutenant de Saint-Avit et le capitaine Morhange, se retrouvent captifs d’un royaume inconnu au cœur du Sahara algérien, dirigé par la mystérieuse reine Antinéa, qui serait la descendante de Neptune. Le roman oscille entre la légende et la réalité.

Selon certains, Pierre Benoit se serait inspiré, pour son personnage d'Antinéa, de la reine berbère Tin Hinan2.
Pierre Benoit relate également dans ce livre les souvenirs de sa jeunesse. Fils du colonel Benoit, il a passé ses premières années en Tunisie, où son père était en poste puis en Algérie, où il accomplit son service militaire. Dans un article de L'Écho de Paris le 2 février 1920, Pierre Benoit explique ainsi :
« De 1892 à 1907, j'ai vécu en Tunisie et en Algérie. Dès mon enfance, j'ai entendu parler des Touaregs, et mon imagination a été excitée par certaines sombres histoires, celle notamment d'une mission exécutée dans le Centre africain par deux Français dont un seul était revenu sans qu'on ait jamais pu savoir comment avait péri son compagnon. Telle est l'idée qui est à la base de l'Atlantide, il n'y en a pas d'autre 3. »

L’Atlantide est le second roman de Pierre Benoit, paru en 1919 aux éditions Albin Michel, notamment sur la recommandation de Robert de la Vaissière qui y était lecteur. Il est devenu un véritable livre à succès de l’édition française (1,722 million d’exemplaires vendus dont 991.000 en Livre de Poche, au début du xxie siècle1). Son immense succès fut attribué au besoin des Français d’oublier la Première Guerre mondiale, qui venait de s’achever, par des livres pleins de passion et d’exotisme.
Le livre reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1919.
L’Atlantide de Pierre Benoit a également donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques.
1918
Nina BERBEROVA - l'accompagnatrice

Nina BERBEROVA - l'accompagnatrice

En quelques scènes où l’économie des moyens renforce l’efficacité du trait, Nina Berberova raconte ici les relations d’une soprano issue de la haute société pétersbourgeoise, avec Sonetchka, son accompagnatrice, bâtarde et pauvre; elle décrit leur exil dans les années qui suivent la révolution d’Octobre, et leur installation à Paris où leur liaison se termine dans le silencieux paroxysme de l’amour et de la haine. Virtuose de l’implicite, Nina Berberova sait tour à tour faire peser sur les rapports de ses personnages l’antagonisme sournois des classes sociales et l’envoûtement de la musique (il y a sur la voix quelques notations inoubliables). Par ce roman serré, violent, subtil, elle fut, en 1985, reçue en France, où elle avait passé plus de vingt ans avant de s’exiler définitivement aux Etats-Unis.
1946
Georges BERNANOS - Journal d'un curé de campagne

Georges BERNANOS - Journal d'un curé de campagne

"Ma paroisse est une paroisse comme les autres. Toutes les paroisses se ressemblent. Les paroissent d'aujourd'hui naturellement."
Journal d'un curé de campagne, Georges Bernanos (debut)

Le nouveau curé d'Ambricourt, un jeune prêtre plein de zèle, s'installe dans sa paroisse. La fragilité de sa santé est largement compensée par son énergie morale et son ardent désir d'aider ses paroissiens à sortir de l'ennui qui les ronge. Mais, accaparé par les multiples soucis de sa vie quotidienne - dont le manque d'argent n'est pas le moindre - incapable d'accomplir son ministère avec une autorité suffisante, il accumule les maladresses. Pour supporter l'indifférence et la vulgarité qui l'entourent, le jeune prêtre ardent et malade tient son journal avec un soin méticuleux.

Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage du prêtre catholique tendu vers le salut de l'âme de ses paroissiens perdus comme Mouchette.

citations :
«Il n'y a pas de vérités moyennes.»
«Il est beau de s'élever au-dessus de la fierté. Encore faut-il l'atteindre.»
«Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.»
«Si notre Dieu était celui des philosophes et des savants, même s'il se réfugiait au plus haut des cieux, notre misère l'en précipiterait.»
«Dieu nous préserve des saints !»
«Il y aura toujours des pauvres parmi vous, c’est pour cette raison qu'il y aura toujours des riches, c'est-à-dire des hommes avides et durs qui recherchent moins la possession que la puissance.»
1938
Georges BERNANOS - sous le soleil de satan

Georges BERNANOS - sous le soleil de satan

C’est le roman par lequel Bernanos s’est fait connaître du grand public. Écrit à près de quarante ans, c’est aussi le roman qui le décide à vivre de sa plume.
Dans la fiche d’auteur déposée chez Plon, pour définir le but poursuivi dans son roman, Bernanos avait répondu par une phrase de Léon Bloy : « Une complainte horrible du péché, sans amertume ni solennité, mais grave, mais orthodoxe et d’une inapaisable véracité. »

http://www.etudes-litteraires.com/sous-le-soleil-de-satan.php


1926 roman
Anna BIKONT - Le crime et le silence

Anna BIKONT - Le crime et le silence

Prix du livre europeen 2011

L'essai intitulé «Le crime et le silence» (Denoël) évoque le traumatisme causé par le souvenir du nazisme, dans la Pologne actuelle.
Le 10 juillet 1941, quelques semaines après que l'Allemagne a attaqué l'URSS, la quasi-totalité des Juifs de Jedwabne, petite ville de l'est de la Pologne, ont été massacrés par leurs voisins. Alors que la propagande communiste imputait ce massacre aux nazis, on sait désormais grâce aux travaux de Jan T. Gross qu'il a été perpétré par des Polonais.
Une remise en cause de l'histoire officielle d'une nation victime qui a suscité en Pologne une violente indignation. Faisant le constat de cette mémoire en friche, Anna Bikont a souhaité partir à la recherche des personnes susceptibles d'apporter un éclairage sur le drame.
Rédigé à partir de documents d'archives inédits, d'observations recueillies au cours de nombreux séjours à Jedwabne, et, surtout, de conversations avec les acteurs du pogrom (rescapés, témoins et bourreaux), Le Crime et le Silence mêle habilement le retour sur les faits historiques à l'interrogation sur le présent.


Cette enquête mémorielle livre un portrait bouleversant d'individus confrontés à des centaines de morts dont nul ne veut se souvenir, décrit leur évolution face aux preuves qui s'accumulent et donne à voir la réaction d'une communauté clouée au pilori pour des faits survenus soixante ans plus tôt. En filigrane, c'est à une réflexion sur la mémoire collective que nous invite Anna Bikont. Qu'arrive-t-il à une société qui refuse d'admettre une vérité susceptible de détruire sa bonne conscience? Comment accepter son passé, fût-il horrible?

(src:www.livre-europeen.eu/?p=2172)
2011 essai